← Retour au cours

Dans la fenêtre qui s’ouvre, choisissez Enregistrer en PDF comme imprimante.

Français · Première

Le Menteur de Corneille

La pièce, ses personnages, l’analyse linéaire des extraits étudiés et les procédés à connaître.

I. L'œuvre : Corneille, Le Menteur

Carte d'identité
  • Auteur : Pierre Corneille (1606-1684), dramaturge du XVIIᵉ siècle.
  • Date : comédie créée en 1643-1644.
  • Genre : comédie en cinq actes, en alexandrins.
  • Source : une comédie espagnole de Juan Ruiz de Alarcón, La Verdad sospechosa (« La vérité suspecte »).
  • Contexte : après le succès de ses tragédies Le Cid, Horace et Polyeucte, Corneille revient à la comédie.
  • Mouvement : une comédie baroque : illusion, apparences, mouvement, jeu des masques.

Les personnages

PersonnageRôle
DoranteJeune homme qui revient de Poitiers, où il a fait des études de droit. Il arrive à Paris pour séduire et ment sans cesse.
ClitonSon valet. Il connaît la vérité, s'étonne et commente les mensonges de son maître.
Clarice et LucrèceDeux jeunes femmes que Dorante rencontre à Paris. Il tombe amoureux de Clarice mais confond leurs noms.
GéronteLe père de Dorante, qui veut le marier.
AlcippeAmoureux de Clarice, jaloux de Dorante.
PhilisteAmi d'Alcippe et de Dorante.

L'intrigue en bref

Dorante arrive à Paris et, pour séduire Clarice, se fait passer pour un héros de la guerre d'Allemagne (I, 3). Un quiproquo s'installe aussitôt : il confond les noms des deux jeunes femmes et croit que celle qu'il aime s'appelle Lucrèce (I, 4).

Les mensonges s'enchaînent : il invente une fête somptueuse pour rendre Alcippe jaloux, s'invente un mariage secret à Poitiers pour échapper au mariage voulu par son père, prétend avoir tué Alcippe en duel… Au dénouement, il découvre son erreur et décide d'épouser Lucrèce, en affirmant que son cœur penchait déjà vers elle : « Mon cœur déjà penchait où mon erreur le jette » (V, 6). Il n'est pas puni.

II. Le parcours « Mensonge et comédie »

Vocabulaire
  • Comédie : pièce de théâtre qui a pour but de faire rire.
  • Mots du mensonge et du théâtre : illusion, artifice, fiction ; conte, fable, pièce, scène. Les deux champs se rejoignent.
  • Drame (du grec) : l'action. Dramatique : ce qui concerne l'action.
  • Comédie de caractère : centrée sur un trait de caractère d'un personnage (le menteur, l'avare…).
  • Comédie d'intrigue : fondée sur les rebondissements, les quiproquos, les péripéties.
  • Péripétie : retournement de situation. Quiproquo : malentendu sur une personne ou une chose.
Problématique du parcours

Le Menteur n'est-il qu'une comédie de caractère ? Le caractère du menteur a-t-il pour seule fonction de faire rire le spectateur ?

1. Pourquoi Dorante ment-il ?

2. Le mensonge, moteur de l'action

Ce sont les mensonges qui créent les péripéties : la pièce est donc aussi une comédie d'intrigue. Le quiproquo de I, 4 (Clarice prise pour Lucrèce) lance une série de malentendus.

Cliton commente avec ironie : « qu'il est fourbe » (III, 3, v. 857), les « impostures » (v. 902). Le jeu sur « fourbe » / « fourber » (v. 906-908) est un polyptote. Quand Dorante prétend avoir tué Alcippe, Cliton le revoit vivant : « Les gens que vous tuez se portent assez bien » (IV, 1, v. 1164).

3. Le menteur, un créateur de fictions

Dorante a une vraie capacité d'invention. Ses mensonges sont désignés comme des œuvres : « faire des romans », « conter », « ces hautes fictions ». On lui reconnaît « le talent de bien imaginer » (v. 1475), et l'on dit de son invention que « la pièce est fort complète et des plus à la mode » (v. 1482).

Idée cléLe mensonge est une image de la création théâtrale : comme un auteur, Dorante invente une histoire ; comme un acteur, il la joue. Et le spectateur, comme Clarice, se laisse séduire : « il nous a joué une pièce ».

4. Une comédie sans morale

À l'acte V, Géronte reproche à son fils ses mensonges et lui rappelle la vertu du gentilhomme (v. 1517 et suivants). Pourtant Dorante n'est pas puni : il épouse Lucrèce. Même au dénouement, on se demande s'il dit vrai : « Vous dirait-il bien vrai pour la première fois ? » (v. 1740).

La pièce n'a pas de valeur morale : elle célèbre le plaisir de l'imagination. Stendhal résume : le spectateur, que « rien n'attache que le plaisir de voir mentir Dorante ».

Réponse à la problématique Le Menteur est une comédie de caractère, mais pas seulement : c'est aussi une comédie d'intrigue, car les mensonges font avancer l'action, et une réflexion sur le théâtre, car le menteur ressemble à un auteur et à un comédien.

III. Analyse linéaire : acte I, scène 3 (v. 154-184)

Le texte

Mouvement 1 : la mise en place du mensonge (v. 154-162)
DORANTE
154Depuis que j'ai quitté les guerres d'Allemagne,
155C'est-à-dire du moins depuis un an entier,
156Je suis et jour et nuit dedans votre quartier ;
157Je vous cherche en tous lieux, au bal, aux promenades ;
158Vous n'avez que de moi reçu des sérénades ;
159Et je n'ai pu trouver que cette occasion
160À vous entretenir de mon affection.
CLARICE
161Quoi ! Vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre ?
DORANTE
162Je m'y suis fait quatre ans craindre comme un tonnerre.
Mouvement 2 : les interventions du valet (v. 163-171)
CLITON
163Que lui va-t-il conter ?
DORANTE
Et durant ces quatre ans
164Il ne s'est fait combats, ni sièges importants,
165Nos armes n'ont jamais remporté de victoire,
166Où cette main n'ait eu bonne part à la gloire :
167Et même la gazette a souvent divulgué…
CLITON le tirant par la basque.
168Savez-vous bien, Monsieur, que vous extravaguez ?
DORANTE
Tais-toi.
CLITON
169Vous rêvez, dis-je, ou…
DORANTE
Tais-toi, misérable.
CLITON
170Vous venez de Poitiers, ou je me donne au diable ;
171Vous en revîntes hier.
DORANTE à Cliton.
Te tairas-tu, maraud ?
Mouvement 3 : le discours galant (v. 172-184)
172Mon nom dans nos succès s'était mis assez haut
173Pour faire quelque bruit sans beaucoup d'injustice ;
174Et je suivrais encore un si noble exercice,
175N'était que l'autre hiver, faisant ici ma cour,
176Je vous vis, et je fus retenu par l'amour.
177Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes ;
178Je me fis prisonnier de tant d'aimables charmes ;
179Je leur livrai mon âme ; et ce cœur généreux
180Dès ce premier moment oublia tout pour eux.
181Vaincre dans les combats, commander dans l'armée,
182De mille exploits fameux enfler ma renommée,
183Et tous ces nobles soins qui m'avaient su ravir,
184Cédèrent aussitôt à ceux de vous servir.

Introduction

Mouvement 1 : la mise en place du mensonge (v. 154-162)

Dorante se présente à la fois comme un amoureux fidèle et un héros de guerre.

CitationProcédéEffet, interprétation
« Depuis que j'ai quitté les guerres d'Allemagne » (v. 154)Premier mensongeDorante s'invente un passé de soldat : c'est le mensonge fondateur de la pièce.
« C'est-à-dire du moins depuis un an entier » (v. 155)Précision temporellePlus le mensonge est précis, plus il est crédible. Il suggère aussi la constance de son amour.
« et jour et nuit » (v. 156)Polysyndète et hyperboleLa répétition de « et » insiste sur son assiduité : il serait présent sans cesse.
« en tous lieux, au bal, aux promenades » (v. 157)Énumération et hyperboleLe cadre parisien et mondain rend le récit vraisemblable et montre une cour assidue.
« Je vous cherche… / Vous n'avez que de moi… » (v. 157-158)Chiasme (je / vous – vous / moi)La construction croisée unit les deux amants dans la phrase, comme Dorante voudrait les unir.
« sérénades » (v. 158)Lexique galantDorante parle le langage de la séduction mondaine.
« oc-ca-si-on » / « af-fec-ti-on » (v. 159-160)Diérèses à la rimeLe vers ralentit et met en valeur le mot « affection » : c'est la déclaration.
« Quoi ! Vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre ? » (v. 161)Interjection et interrogationClarice est étonnée et intéressée : le mensonge fonctionne.
« Je m'y suis fait quatre ans craindre comme un tonnerre » (v. 162)Hyperbole, comparaison, allitération en [k] et [r]Les sons durs créent l'image d'un guerrier redoutable.

Mouvement 2 : les interventions du valet (v. 163-171)

Cliton tente de faire éclater la vérité, mais Dorante garde la parole et poursuit son récit.

CitationProcédéEffet, interprétation
« Que lui va-t-il conter ? » (v. 163)Aparté, verbe « conter »Cliton sait que son maître invente : « conter », c'est raconter une fiction. Le spectateur est complice (ironie dramatique).
« Et durant ces quatre ans » (v. 163)Vers partagéDorante enchaîne immédiatement : il ne laisse aucune place à la vérité.
« Il ne s'est fait combats, ni sièges… / Nos armes n'ont jamais… / Où cette main n'ait eu… » (v. 164-166)Accumulation de négationsDeux négations se combinent pour une affirmation renforcée : toutes les victoires lui doivent quelque chose.
« cette main », « nos armes » (v. 165-166)Métonymies« Cette main » désigne Dorante, « nos armes » l'armée : la gloire collective se concentre sur lui.
« Et même la gazette a souvent divulgué… » (v. 167)Argument d'autoritéLe journal servirait de preuve. Les points de suspension montrent qu'il est interrompu.
« le tirant par la basque » (didascalie)Comique de gesteLe valet tire son maître par le pan de son vêtement pour l'arrêter.
« Tais-toi. » / « Tais-toi, misérable. » / « Te tairas-tu, maraud ? »Répétition, gradation, stichomythieLes répliques sont brèves et les insultes montent : le rythme s'accélère et la scène devient comique.
« Vous venez de Poitiers… / Vous en revîntes hier » (v. 170-171)Révélation de la véritéDorante n'était pas soldat mais étudiant en droit : l'écart entre le récit et la réalité fait rire.

Mouvement 3 : le discours galant (v. 172-184)

Dorante transforme son récit militaire en déclaration d'amour : la guerre laisse place à l'amour.

CitationProcédéEffet, interprétation
« s'était mis assez haut / … quelque bruit sans beaucoup d'injustice » (v. 172-173)Modalisateurs« Assez », « quelque », « sans beaucoup » : une fausse modestie qui rend le récit plus crédible.
« un si noble exercice » (v. 174)PériphraseLa guerre est embellie et valorisée.
« Je vous vis, et je fus retenu par l'amour » (v. 176)Pivot du discoursLe récit militaire bascule vers la déclaration d'amour.
« Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes ; / Je me fis prisonnier… » (v. 177-178)Métaphore filée de la guerre amoureuseLe lexique militaire sert la galanterie : Clarice est la vraie conquérante.
retenu → attaqué → rendis les armes → prisonnier → livrai mon âme (v. 176-179)GradationDorante se montre de plus en plus soumis : c'est la défaite totale du guerrier.
« Vaincre dans les combats, commander dans l'armée, / De mille exploits fameux enfler ma renommée » (v. 181-182)Parallélisme, hyperbole « mille »Il récapitule une gloire immense pour mieux la sacrifier. Le verbe « enfler » trahit sa vanité.
« Cédèrent aussitôt à ceux de vous servir » (v. 184)Antithèse conquérant / serviteurIl renonce à la gloire pour servir la dame : c'est le compliment suprême.

Les trois champs lexicaux

Champ lexicalMots du texte
La guerrecombats, sièges, armes, victoire, gloire, tonnerre, armée
L'amouraffection, sérénades, amour, yeux, charmes, âme, cœur
La gloiresuccès, nom, bruit, exploits, renommée

Ils se mêlent : la guerre sert à briller, et la gloire est sacrifiée à l'amour.

Conclusion

IV. Les procédés à connaître

ProcédéDéfinitionExemple
HyperboleExagération.« et jour et nuit », « mille exploits »
ÉnumérationSuite de termes de même nature.« au bal, aux promenades »
GradationÉnumération de force croissante.« Tais-toi » → « misérable » → « maraud »
PolysyndèteRépétition d'une conjonction de coordination.« et jour et nuit »
ChiasmeStructure croisée A B B A.« Je vous… / Vous… moi »
AntithèseRapprochement de deux idées opposées.vaincre, commander / servir
ParallélismeMême construction répétée.« Vaincre dans…, commander dans… »
Métaphore filéeImage prolongée sur plusieurs mots ou vers.l'amour vu comme une guerre
MétonymieDésigner une chose par un élément qui lui est lié.« cette main » pour Dorante
PériphraseExpression qui remplace un mot.« un si noble exercice » pour la guerre
ModalisateurMot qui nuance ou exprime le degré de certitude.« assez », « sans beaucoup »
DiérèsePrononcer en deux syllabes deux voyelles voisines.« af-fec-ti-on »
AllitérationRépétition d'un son consonne.[k] et [r] dans le vers 162
AssonanceRépétition d'un son voyelle.à ne pas confondre avec l'allitération
PolyptoteMême mot employé sous des formes différentes.« fourbe », « fourber »
EuphémismeAtténuer une réalité.
IronieDire le contraire de ce qu'on pense pour se moquer.« Les gens que vous tuez se portent assez bien »
ApartéRéplique dite pour soi, que les autres personnages n'entendent pas.« Que lui va-t-il conter ? »
StichomythieÉchange de répliques très brèves.les « Tais-toi » du valet et du maître
DidascalieIndication scénique de l'auteur.« le tirant par la basque »
QuiproquoMalentendu : on prend une personne ou une chose pour une autre.Clarice prise pour Lucrèce (I, 4)
Ironie dramatiqueLe spectateur en sait plus qu'un personnage.on sait que Dorante ment, Clarice non
Piège fréquentAllitération = consonnes. Assonance = voyelles. Ne pas écrire « allitération… = assonance ».

V. Les mouvements littéraires

Il faut connaître pour chacun : le siècle, la définition, deux idées, deux thèmes et les auteurs. Un mouvement naît souvent en réaction contre le précédent.

Pour retenir l'ordrePierre | Boit Café | Lentement | Rêvant, Pensif, Riant, Nonchalant, Souriant | Sans Aucun Nuage
Un groupe = un siècle, du XVIᵉ au XXᵉ : 1 – 2 – 1 – 5 – 3 mouvements.
MouvementSiècleDéfinitionIdées, principesThèmesAuteurs
La PléiadeXVIᵉGroupe de sept poètes, nommé d'après une constellation de sept étoiles.Créer une grande poésie en français qui rivalise avec la poésie grecque et latine.Le lyrisme, l'amour, la mythologieDu Bellay, Ronsard
Le BaroqueXVIIᵉConception artistique née à la fin du XVIᵉ siècle. Barroco signifie « perle irrégulière » en portugais.Goût pour l'éphémère, le désordre, le chaos, le pittoresque.L'instabilité, l'apparence, l'illusion, le mouvementCorneille (comédies), Cyrano de Bergerac
Le ClassicismeXVIIᵉIdéal esthétique et humain de la seconde moitié du XVIIᵉ siècle.Imiter les Anciens tout en créant des œuvres personnelles ; analyser l'homme ; plaire.Le beau, l'homme éternel, les passionsMolière, Racine, La Fontaine
Les LumièresXVIIIᵉMouvement d'idées qui prend son ampleur avec l'Encyclopédie.Développer les connaissances, vulgariser, raisonner, esprit d'examen, sciences.La critique des préjugés, la tolérance, le bonheur, contre le surnaturel et le religieuxVoltaire, Diderot, Montesquieu
Le RomantismeXIXᵉMouvement en rupture avec les règles classiques.La sensibilité, l'aspiration vers l'infini, la mélancolie, la valorisation de l'individu.Le sentiment amoureux, le moi souffrant, la natureHugo, Musset
Le ParnasseXIXᵉRéaction contre le Romantisme : « l'art pour l'art ».Refus des épanchements romantiques ; une poésie aux lignes pures et parfaites ; la seule raison d'être de l'œuvre est la beauté.La nature comme peinture, l'Antiquité, l'archéologieThéophile Gautier, Heredia
Le RéalismeXIXᵉRéaction contre l'idéalisme et le lyrisme romantiques.Reproduire la réalité ; l'écrivain observe comme un scientifique (philosophie positiviste).Les mœurs d'une époque, l'ascension sociale, la misère, l'influence du milieuStendhal, Balzac, Flaubert
Le NaturalismeXIXᵉRenforce le Réalisme sous l'influence de la science et de la médecine.Le roman comme expérience ; le rôle du social et de la biologie (hérédité) sur l'individu.Le monde du travail, la révolution industrielle, la misèreZola, Maupassant
Le SymbolismeXIXᵉÉcole poétique qui prolonge Baudelaire et réagit contre le Naturalisme.Suggérer au lieu de décrire ; importance des sensations ; la poésie donne accès à un monde caché.Le rêve, le mystère, les mythes et légendesVerlaine, Rimbaud
Le SurréalismeXXᵉMouvement artistique né après la Première Guerre mondiale.Explorer l'inconscient ; rôle du hasard ; l'art comme outil de révolution ; rejet du rationalisme.L'amour fou, la femme, la révolte, le rêveBreton, Éluard, Aragon
L'AbsurdeXXᵉNotion philosophique issue de l'existentialisme.L'expérience de l'absurdité de la condition humaine ; au théâtre, rupture avec la tradition.La solitude de l'homme, le silence du monde, l'attenteSartre, Camus
Le Nouveau RomanXXᵉRefus du roman traditionnel, au milieu du XXᵉ siècle.Refus du roman psychologique et du personnage ; « l'aventure d'une écriture » ; absence d'intrigue ; récit discontinu.Les objets, le regard, l'écriture elle-mêmeClaude Simon, Michel Butor

VI. Méthode : l'explication linéaire à l'oral

Erreur à éviterUn procédé seul ne rapporte rien : il faut toujours dire à quoi il sert dans le texte.

Fiches de révision

Fiche 1

L'œuvre

  • Corneille, Le Menteur, comédie en 5 actes et en alexandrins, 1643-1644.
  • Inspirée d'Alarcón (Espagne), écrite après Le Cid, Horace, Polyeucte.
  • Comédie baroque : illusion, apparences, mouvement.
  • Dorante, faux héros de guerre, vrai étudiant de Poitiers ; Cliton, son valet lucide.
  • Dénouement : il épouse Lucrèce, sans punition.
Fiche 2

Le parcours « Mensonge et comédie »

  • Problématique : Le Menteur n'est-il qu'une comédie de caractère ?
  • Dorante ment pour se faire valoir, se tirer d'embarras, et par plaisir.
  • Le mensonge crée les péripéties : comédie d'intrigue.
  • Le mensonge est une image du théâtre : Dorante, auteur et acteur.
  • Pas de morale : le plaisir de l'invention l'emporte.

Piège : Citation clé : « rien n'attache que le plaisir de voir mentir Dorante » (Stendhal).

Fiche 3

Analyse de I, 3 en un coup d'œil

  • Problématique : comment Dorante use-t-il du mensonge pour séduire ?
  • v. 154-162 : premier mensonge ; précision, hyperboles, chiasme, diérèses, Clarice intéressée (« Quoi ! »).
  • v. 163-171 : Cliton intervient ; aparté « conter », négations, métonymies, gazette, « Tais-toi » en gradation, vérité : Poitiers.
  • v. 172-184 : discours galant ; modalisateurs, métaphore filée guerre / amour, gradation, conquérant devenu serviteur.
Fiche 4

Les procédés indispensables

  • Hyperbole, énumération, gradation, chiasme, antithèse.
  • Métaphore filée, métonymie, périphrase, modalisateur.
  • Diérèse, allitération (consonnes), assonance (voyelles).
  • Théâtre : aparté, stichomythie, didascalie, quiproquo, ironie dramatique.

Piège : Toujours : citer + nommer + interpréter.

Fiche 5

Les mouvements littéraires

  • XVIᵉ : Pléiade (Ronsard, Du Bellay).
  • XVIIᵉ : Baroque (Corneille comédies, Cyrano) ; Classicisme (Molière, Racine).
  • XVIIIᵉ : Lumières (Voltaire, Diderot).
  • XIXᵉ : Romantisme (Hugo, Musset) ; Parnasse (Gautier, Heredia) ; Réalisme (Balzac, Flaubert) ; Naturalisme (Zola, Maupassant) ; Symbolisme (Verlaine, Rimbaud).
  • XXᵉ : Surréalisme (Breton, Éluard) ; Absurde (Camus, Sartre) ; Nouveau Roman (Butor, Claude Simon).

Piège : s : Réalisme ≠ Naturalisme (la science en plus) ; Romantisme ≠ Parnasse (le moi / la forme).

Fiche 6

L'oral en 4 temps

  • Introduction : amorce, situation, lecture, problématique, mouvements.
  • Explication linéaire, mouvement par mouvement.
  • Conclusion : bilan et ouverture.
  • Question de grammaire sur une phrase de l'extrait.

Cartes à découper

Découper chaque carte, la plier sur le pointillé et écrire la réponse au dos.

1 · ŒuvreAuteur, date et genre du Menteur ?
2 · ŒuvreDe quelle pièce Corneille s'inspire-t-il ?
3 · ŒuvreQuelles tragédies Corneille a-t-il écrites avant Le Menteur ?
4 · ŒuvreÀ quel mouvement rattache-t-on Le Menteur ?
5 · PersonnageQui est Cliton ?
6 · PersonnageD'où vient réellement Dorante ?
7 · IntrigueQuel quiproquo se produit à l'acte I, scène 4 ?
8 · IntrigueComment se termine la pièce ?
9 · ParcoursProblématique du parcours ?
10 · DéfinitionComédie de caractère / comédie d'intrigue ?
11 · ParcoursPourquoi Dorante ment-il ?
12 · ParcoursQuel rôle le mensonge joue-t-il dans l'action ?
13 · ParcoursPourquoi dit-on que le mensonge est une image du théâtre ?
14 · ParcoursLa pièce a-t-elle une morale ?
15 · CitationQue dit Stendhal du Menteur ?
16 · Citation« Les gens que vous tuez se portent assez bien » : qui, quel procédé ?
17 · Analyse I, 3Problématique de l'extrait I, 3 ?
18 · Analyse I, 3Les trois mouvements de l'extrait ?
19 · Analyse I, 3« et jour et nuit » : procédé ?
20 · Analyse I, 3« Je vous cherche… / Vous n'avez que de moi… » : procédé ?
21 · Analyse I, 3Pourquoi « af-fec-ti-on » en quatre syllabes ?
22 · Analyse I, 3« cette main », « nos armes » : procédé ?
23 · Analyse I, 3Pourquoi Dorante parle-t-il de « la gazette » ?
24 · Analyse I, 3« Tais-toi » → « Tais-toi, misérable » → « Te tairas-tu, maraud ? »
25 · Analyse I, 3« Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes » : procédé ?
26 · Analyse I, 3Comment évolue l'image de Dorante dans le 3ᵉ mouvement ?
27 · ProcédéAllitération ou assonance ?
28 · ProcédéQu'est-ce qu'une stichomythie ?
29 · ProcédéQu'est-ce qu'un aparté ?
30 · MouvementsOrdre des 12 mouvements ?
31 · MouvementsBaroque : siècle, idée, auteurs ?
32 · MouvementsClassicisme : siècle, idée, auteurs ?
33 · MouvementsDevise du Parnasse ?
34 · MouvementsQu'ajoute le Naturalisme au Réalisme ?

Quiz

Une seule bonne réponse par question.

  1. Qui a écrit Le Menteur ?

    • A. Racine
    • B. Marivaux
    • C. Molière
    • D. Corneille
  2. Quand Le Menteur a-t-il été créé ?

    • A. En 1637
    • B. En 1730
    • C. En 1664
    • D. En 1643-1644
  3. De quelle source Corneille s'inspire-t-il ?

    • A. Une farce du Moyen Âge
    • B. Un roman italien
    • C. Une comédie latine de Plaute
    • D. Une comédie espagnole d'Alarcón
  4. Où Dorante a-t-il réellement passé les dernières années ?

    • A. À la cour du roi
    • B. En Espagne
    • C. À la guerre en Allemagne
    • D. À Poitiers, étudiant en droit
  5. Quel est le quiproquo de l'acte I, scène 4 ?

    • A. Géronte prend Dorante pour un autre
    • B. Alcippe croit Dorante mort
    • C. Cliton se fait passer pour son maître
    • D. Dorante confond les noms de Clarice et de Lucrèce
  6. « Les gens que vous tuez se portent assez bien » repose sur…

    • A. une diérèse
    • B. une périphrase
    • C. un chiasme
    • D. l'ironie
  7. Quelle est la problématique du parcours ?

    • A. Corneille est-il un auteur classique ?
    • B. Faut-il dire la vérité en amour ?
    • C. Le mensonge est-il toujours puni ?
    • D. Le Menteur n'est-il qu'une comédie de caractère ?
  8. Pourquoi le mensonge est-il une image du théâtre ?

    • A. La pièce se passe dans un théâtre
    • B. Corneille joue le rôle de Dorante
    • C. Dorante est comédien de métier
    • D. Dorante invente et joue des fictions comme un auteur et un acteur
  9. Au dénouement, Dorante…

    • A. est emprisonné
    • B. renonce à mentir et part à la guerre
    • C. est chassé par son père
    • D. épouse Lucrèce sans être puni
  10. « Je vous cherche… / Vous n'avez que de moi… » est…

    • A. une litote
    • B. une métonymie
    • C. une anaphore
    • D. un chiasme
  11. Dans « À vous entretenir de mon affection », « af-fec-ti-on » compte 4 syllabes. C'est…

    • A. une césure
    • B. une élision
    • C. une diérèse
    • D. une synérèse
  12. « Que lui va-t-il conter ? », dit par Cliton à part, est…

    • A. une didascalie
    • B. un monologue
    • C. un aparté
    • D. une tirade
  13. « Tais-toi », « Tais-toi, misérable », « Te tairas-tu, maraud ? » forment…

    • A. une antithèse
    • B. un euphémisme
    • C. une gradation
    • D. un chiasme
  14. Pourquoi Dorante mentionne-t-il « la gazette » ?

    • A. Pour se moquer de Cliton
    • B. Pour faire rire Clarice
    • C. Pour rendre son mensonge crédible
    • D. Parce qu'il est journaliste
  15. « cette main » pour désigner Dorante est…

    • A. une antithèse
    • B. une comparaison
    • C. une métonymie
    • D. une hyperbole
  16. « Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes » est…

    • A. un euphémisme
    • B. une litote
    • C. une métaphore filée de la guerre amoureuse
    • D. une comparaison
  17. « assez haut », « sans beaucoup d'injustice » sont…

    • A. des didascalies
    • B. des négations
    • C. des modalisateurs de fausse modestie
    • D. des hyperboles
  18. Une allitération est la répétition…

    • A. d'une structure de phrase
    • B. d'un même mot en début de vers
    • C. d'un son consonne
    • D. d'un son voyelle
  19. Quel mouvement célèbre « l'art pour l'art » ?

    • A. Les Lumières
    • B. Le Réalisme
    • C. Le Parnasse
    • D. Le Romantisme
  20. Quel auteur est naturaliste ?

    • A. Verlaine
    • B. Hugo
    • C. Zola
    • D. Balzac
  21. Quels mouvements appartiennent au XVIIᵉ siècle ?

    • A. Le Romantisme et le Parnasse
    • B. Le Classicisme et les Lumières
    • C. Le Baroque et le Classicisme
    • D. La Pléiade et le Baroque
  22. Le Surréalisme naît…

    • A. à la fin du XIXᵉ siècle
    • B. après 1945
    • C. après la Première Guerre mondiale
    • D. au XVIIIᵉ siècle

Exercices

Exercice 1 : nommer et interpréter

Pour chaque citation de l'acte I, scène 3, nomme le procédé puis explique son effet en une phrase.

  1. « Je suis et jour et nuit dedans votre quartier » (v. 156)
  2. « Je vous cherche en tous lieux… / Vous n'avez que de moi reçu des sérénades » (v. 157-158)
  3. « À vous entretenir de mon affection » (v. 160), en comptant les syllabes
  4. « Où cette main n'ait eu bonne part à la gloire » (v. 166)
  5. « Tais-toi. » / « Tais-toi, misérable. » / « Te tairas-tu, maraud ? »
  6. « Mon nom dans nos succès s'était mis assez haut / Pour faire quelque bruit sans beaucoup d'injustice » (v. 172-173)
  7. « Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes ; / Je me fis prisonnier de tant d'aimables charmes » (v. 177-178)
  8. « Vaincre dans les combats, commander dans l'armée » / « Cédèrent aussitôt à ceux de vous servir » (v. 181 et 184)

Exercice 2 : question de grammaire

  1. Analyse les quatre interrogations suivantes : type (totale ou partielle), construction, et valeur dans la scène.
    1. « Quoi ! Vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre ? » (v. 161)
    2. « Que lui va-t-il conter ? » (v. 163)
    3. « Savez-vous bien, Monsieur, que vous extravaguez ? » (v. 168)
    4. « Te tairas-tu, maraud ? » (v. 171)
  2. Analyse la négation dans les vers 164 à 166. Quel effet produit la combinaison des négations ?
  3. Relève les deux propositions subordonnées relatives des vers 166 et 183. Donne pour chacune le pronom relatif et l'antécédent. Pourquoi la première est-elle au subjonctif ?

Exercice 3 : parcours et mouvements

  1. Donne trois arguments montrant que Le Menteur est une comédie baroque.
  2. Propose un plan en deux parties pour répondre à la question : « Le Menteur n'est-il qu'une comédie de caractère ? ». Donne un exemple précis par partie.
  3. Rédige l'introduction complète de l'analyse linéaire de l'acte I, scène 3 : amorce, situation, problématique, annonce des mouvements.
  4. Associe chaque auteur à son mouvement : Zola, Ronsard, Heredia, Voltaire, Racine, Rimbaud, Camus, Hugo.