I. L'œuvre : Corneille, Le Menteur
Carte d'identité
- Auteur : Pierre Corneille (1606-1684), dramaturge du XVIIᵉ siècle.
- Date : comédie créée en 1643-1644.
- Genre : comédie en cinq actes, en alexandrins.
- Source : une comédie espagnole de Juan Ruiz de Alarcón, La Verdad sospechosa (« La vérité suspecte »).
- Contexte : après le succès de ses tragédies Le Cid, Horace et Polyeucte, Corneille revient à la comédie.
- Mouvement : une comédie baroque : illusion, apparences, mouvement, jeu des masques.
Les personnages
| Personnage | Rôle |
| Dorante | Jeune homme qui revient de Poitiers, où il a fait des études de droit. Il arrive à Paris pour séduire et ment sans cesse. |
| Cliton | Son valet. Il connaît la vérité, s'étonne et commente les mensonges de son maître. |
| Clarice et Lucrèce | Deux jeunes femmes que Dorante rencontre à Paris. Il tombe amoureux de Clarice mais confond leurs noms. |
| Géronte | Le père de Dorante, qui veut le marier. |
| Alcippe | Amoureux de Clarice, jaloux de Dorante. |
| Philiste | Ami d'Alcippe et de Dorante. |
L'intrigue en bref
Dorante arrive à Paris et, pour séduire Clarice, se fait passer pour un héros de la guerre d'Allemagne (I, 3). Un quiproquo s'installe aussitôt : il confond les noms des deux jeunes femmes et croit que celle qu'il aime s'appelle Lucrèce (I, 4).
Les mensonges s'enchaînent : il invente une fête somptueuse pour rendre Alcippe jaloux, s'invente un mariage secret à Poitiers pour échapper au mariage voulu par son père, prétend avoir tué Alcippe en duel… Au dénouement, il découvre son erreur et décide d'épouser Lucrèce, en affirmant que son cœur penchait déjà vers elle : « Mon cœur déjà penchait où mon erreur le jette » (V, 6). Il n'est pas puni.
II. Le parcours « Mensonge et comédie »
Vocabulaire
- Comédie : pièce de théâtre qui a pour but de faire rire.
- Mots du mensonge et du théâtre : illusion, artifice, fiction ; conte, fable, pièce, scène. Les deux champs se rejoignent.
- Drame (du grec) : l'action. Dramatique : ce qui concerne l'action.
- Comédie de caractère : centrée sur un trait de caractère d'un personnage (le menteur, l'avare…).
- Comédie d'intrigue : fondée sur les rebondissements, les quiproquos, les péripéties.
- Péripétie : retournement de situation. Quiproquo : malentendu sur une personne ou une chose.
1. Pourquoi Dorante ment-il ?
- Pour se faire valoir : il se fait passer pour un héros de guerre afin de séduire (I, 3).
- Pour se tirer d'embarras : il s'invente un mariage à Poitiers pour éviter celui que prépare son père.
- Pour le plaisir : il aime mentir pour mentir. Le texte parle de « prendre plaisir à fourber sans dessein » (III, 3, v. 908).
- Il n'est pas le seul : les autres personnages aussi dissimulent ou trompent.
2. Le mensonge, moteur de l'action
Ce sont les mensonges qui créent les péripéties : la pièce est donc aussi une comédie d'intrigue. Le quiproquo de I, 4 (Clarice prise pour Lucrèce) lance une série de malentendus.
Cliton commente avec ironie : « qu'il est fourbe » (III, 3, v. 857), les « impostures » (v. 902). Le jeu sur « fourbe » / « fourber » (v. 906-908) est un polyptote. Quand Dorante prétend avoir tué Alcippe, Cliton le revoit vivant : « Les gens que vous tuez se portent assez bien » (IV, 1, v. 1164).
3. Le menteur, un créateur de fictions
Dorante a une vraie capacité d'invention. Ses mensonges sont désignés comme des œuvres : « faire des romans », « conter », « ces hautes fictions ». On lui reconnaît « le talent de bien imaginer » (v. 1475), et l'on dit de son invention que « la pièce est fort complète et des plus à la mode » (v. 1482).
Idée cléLe mensonge est une image de la création théâtrale : comme un auteur, Dorante invente une histoire ; comme un acteur, il la joue. Et le spectateur, comme Clarice, se laisse séduire : « il nous a joué une pièce ».
4. Une comédie sans morale
À l'acte V, Géronte reproche à son fils ses mensonges et lui rappelle la vertu du gentilhomme (v. 1517 et suivants). Pourtant Dorante n'est pas puni : il épouse Lucrèce. Même au dénouement, on se demande s'il dit vrai : « Vous dirait-il bien vrai pour la première fois ? » (v. 1740).
La pièce n'a pas de valeur morale : elle célèbre le plaisir de l'imagination. Stendhal résume : le spectateur, que « rien n'attache que le plaisir de voir mentir Dorante ».
Réponse à la problématique
Le Menteur est une comédie de caractère, mais pas seulement : c'est aussi une comédie d'intrigue, car les mensonges font avancer l'action, et une réflexion sur le théâtre, car le menteur ressemble à un auteur et à un comédien.
III. Analyse linéaire : acte I, scène 3 (v. 154-184)
Le texte
Mouvement 1 : la mise en place du mensonge (v. 154-162)
DORANTE
154Depuis que j'ai quitté les guerres d'Allemagne,
155C'est-à-dire du moins depuis un an entier,
156Je suis et jour et nuit dedans votre quartier ;
157Je vous cherche en tous lieux, au bal, aux promenades ;
158Vous n'avez que de moi reçu des sérénades ;
159Et je n'ai pu trouver que cette occasion
160À vous entretenir de mon affection.
CLARICE
161Quoi ! Vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre ?
DORANTE
162Je m'y suis fait quatre ans craindre comme un tonnerre.
Mouvement 2 : les interventions du valet (v. 163-171)
CLITON
163Que lui va-t-il conter ?
DORANTE
Et durant ces quatre ans
164Il ne s'est fait combats, ni sièges importants,
165Nos armes n'ont jamais remporté de victoire,
166Où cette main n'ait eu bonne part à la gloire :
167Et même la gazette a souvent divulgué…
CLITON le tirant par la basque.
168Savez-vous bien, Monsieur, que vous extravaguez ?
DORANTE
Tais-toi.
CLITON
169Vous rêvez, dis-je, ou…
DORANTE
Tais-toi, misérable.
CLITON
170Vous venez de Poitiers, ou je me donne au diable ;
171Vous en revîntes hier.
DORANTE à Cliton.
Te tairas-tu, maraud ?
Mouvement 3 : le discours galant (v. 172-184)
172Mon nom dans nos succès s'était mis assez haut
173Pour faire quelque bruit sans beaucoup d'injustice ;
174Et je suivrais encore un si noble exercice,
175N'était que l'autre hiver, faisant ici ma cour,
176Je vous vis, et je fus retenu par l'amour.
177Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes ;
178Je me fis prisonnier de tant d'aimables charmes ;
179Je leur livrai mon âme ; et ce cœur généreux
180Dès ce premier moment oublia tout pour eux.
181Vaincre dans les combats, commander dans l'armée,
182De mille exploits fameux enfler ma renommée,
183Et tous ces nobles soins qui m'avaient su ravir,
184Cédèrent aussitôt à ceux de vous servir.
Introduction
- Amorce et contexte : en 1643-1644, après ses tragédies (Le Cid, Horace, Polyeucte), Corneille revient à la comédie avec Le Menteur, comédie baroque inspirée de l'Espagnol Alarcón, dont le thème principal est le mensonge.
- Situation : nous sommes dans l'exposition. Les jeunes femmes que Dorante veut courtiser apparaissent pour la première fois, et le héros se lance dans son premier mensonge, au grand étonnement de son valet.
- Problématique : comment Dorante use-t-il du mensonge pour mettre en place sa stratégie de séduction ?
- Mouvements : la mise en place du mensonge (v. 154-162), les interventions intempestives du valet (v. 163-171), le discours galant (v. 172-184).
Mouvement 1 : la mise en place du mensonge (v. 154-162)
Dorante se présente à la fois comme un amoureux fidèle et un héros de guerre.
| Citation | Procédé | Effet, interprétation |
|---|
| « Depuis que j'ai quitté les guerres d'Allemagne » (v. 154) | Premier mensonge | Dorante s'invente un passé de soldat : c'est le mensonge fondateur de la pièce. |
| « C'est-à-dire du moins depuis un an entier » (v. 155) | Précision temporelle | Plus le mensonge est précis, plus il est crédible. Il suggère aussi la constance de son amour. |
| « et jour et nuit » (v. 156) | Polysyndète et hyperbole | La répétition de « et » insiste sur son assiduité : il serait présent sans cesse. |
| « en tous lieux, au bal, aux promenades » (v. 157) | Énumération et hyperbole | Le cadre parisien et mondain rend le récit vraisemblable et montre une cour assidue. |
| « Je vous cherche… / Vous n'avez que de moi… » (v. 157-158) | Chiasme (je / vous – vous / moi) | La construction croisée unit les deux amants dans la phrase, comme Dorante voudrait les unir. |
| « sérénades » (v. 158) | Lexique galant | Dorante parle le langage de la séduction mondaine. |
| « oc-ca-si-on » / « af-fec-ti-on » (v. 159-160) | Diérèses à la rime | Le vers ralentit et met en valeur le mot « affection » : c'est la déclaration. |
| « Quoi ! Vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre ? » (v. 161) | Interjection et interrogation | Clarice est étonnée et intéressée : le mensonge fonctionne. |
| « Je m'y suis fait quatre ans craindre comme un tonnerre » (v. 162) | Hyperbole, comparaison, allitération en [k] et [r] | Les sons durs créent l'image d'un guerrier redoutable. |
Mouvement 2 : les interventions du valet (v. 163-171)
Cliton tente de faire éclater la vérité, mais Dorante garde la parole et poursuit son récit.
| Citation | Procédé | Effet, interprétation |
|---|
| « Que lui va-t-il conter ? » (v. 163) | Aparté, verbe « conter » | Cliton sait que son maître invente : « conter », c'est raconter une fiction. Le spectateur est complice (ironie dramatique). |
| « Et durant ces quatre ans » (v. 163) | Vers partagé | Dorante enchaîne immédiatement : il ne laisse aucune place à la vérité. |
| « Il ne s'est fait combats, ni sièges… / Nos armes n'ont jamais… / Où cette main n'ait eu… » (v. 164-166) | Accumulation de négations | Deux négations se combinent pour une affirmation renforcée : toutes les victoires lui doivent quelque chose. |
| « cette main », « nos armes » (v. 165-166) | Métonymies | « Cette main » désigne Dorante, « nos armes » l'armée : la gloire collective se concentre sur lui. |
| « Et même la gazette a souvent divulgué… » (v. 167) | Argument d'autorité | Le journal servirait de preuve. Les points de suspension montrent qu'il est interrompu. |
| « le tirant par la basque » (didascalie) | Comique de geste | Le valet tire son maître par le pan de son vêtement pour l'arrêter. |
| « Tais-toi. » / « Tais-toi, misérable. » / « Te tairas-tu, maraud ? » | Répétition, gradation, stichomythie | Les répliques sont brèves et les insultes montent : le rythme s'accélère et la scène devient comique. |
| « Vous venez de Poitiers… / Vous en revîntes hier » (v. 170-171) | Révélation de la vérité | Dorante n'était pas soldat mais étudiant en droit : l'écart entre le récit et la réalité fait rire. |
Mouvement 3 : le discours galant (v. 172-184)
Dorante transforme son récit militaire en déclaration d'amour : la guerre laisse place à l'amour.
| Citation | Procédé | Effet, interprétation |
|---|
| « s'était mis assez haut / … quelque bruit sans beaucoup d'injustice » (v. 172-173) | Modalisateurs | « Assez », « quelque », « sans beaucoup » : une fausse modestie qui rend le récit plus crédible. |
| « un si noble exercice » (v. 174) | Périphrase | La guerre est embellie et valorisée. |
| « Je vous vis, et je fus retenu par l'amour » (v. 176) | Pivot du discours | Le récit militaire bascule vers la déclaration d'amour. |
| « Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes ; / Je me fis prisonnier… » (v. 177-178) | Métaphore filée de la guerre amoureuse | Le lexique militaire sert la galanterie : Clarice est la vraie conquérante. |
| retenu → attaqué → rendis les armes → prisonnier → livrai mon âme (v. 176-179) | Gradation | Dorante se montre de plus en plus soumis : c'est la défaite totale du guerrier. |
| « Vaincre dans les combats, commander dans l'armée, / De mille exploits fameux enfler ma renommée » (v. 181-182) | Parallélisme, hyperbole « mille » | Il récapitule une gloire immense pour mieux la sacrifier. Le verbe « enfler » trahit sa vanité. |
| « Cédèrent aussitôt à ceux de vous servir » (v. 184) | Antithèse conquérant / serviteur | Il renonce à la gloire pour servir la dame : c'est le compliment suprême. |
Les trois champs lexicaux
| Champ lexical | Mots du texte |
|---|
| La guerre | combats, sièges, armes, victoire, gloire, tonnerre, armée |
| L'amour | affection, sérénades, amour, yeux, charmes, âme, cœur |
| La gloire | succès, nom, bruit, exploits, renommée |
Ils se mêlent : la guerre sert à briller, et la gloire est sacrifiée à l'amour.
Conclusion
- Bilan : la scène met en présence plusieurs personnages principaux et justifie le titre : Dorante ment pour la première fois, et son caractère se révèle au public et à Cliton.
- Effet : par sa maîtrise de la rhétorique, guerrière ou galante, et par son imagination, Dorante séduit tous ses publics, y compris le spectateur, que « rien n'attache que le plaisir de voir mentir Dorante » (Stendhal).
- Ouverture : l'intrigue amoureuse est lancée et va se compliquer avec le quiproquo de la scène suivante sur l'identité des dames.
IV. Les procédés à connaître
| Procédé | Définition | Exemple |
|---|
| Hyperbole | Exagération. | « et jour et nuit », « mille exploits » |
| Énumération | Suite de termes de même nature. | « au bal, aux promenades » |
| Gradation | Énumération de force croissante. | « Tais-toi » → « misérable » → « maraud » |
| Polysyndète | Répétition d'une conjonction de coordination. | « et jour et nuit » |
| Chiasme | Structure croisée A B B A. | « Je vous… / Vous… moi » |
| Antithèse | Rapprochement de deux idées opposées. | vaincre, commander / servir |
| Parallélisme | Même construction répétée. | « Vaincre dans…, commander dans… » |
| Métaphore filée | Image prolongée sur plusieurs mots ou vers. | l'amour vu comme une guerre |
| Métonymie | Désigner une chose par un élément qui lui est lié. | « cette main » pour Dorante |
| Périphrase | Expression qui remplace un mot. | « un si noble exercice » pour la guerre |
| Modalisateur | Mot qui nuance ou exprime le degré de certitude. | « assez », « sans beaucoup » |
| Diérèse | Prononcer en deux syllabes deux voyelles voisines. | « af-fec-ti-on » |
| Allitération | Répétition d'un son consonne. | [k] et [r] dans le vers 162 |
| Assonance | Répétition d'un son voyelle. | à ne pas confondre avec l'allitération |
| Polyptote | Même mot employé sous des formes différentes. | « fourbe », « fourber » |
| Euphémisme | Atténuer une réalité. | |
| Ironie | Dire le contraire de ce qu'on pense pour se moquer. | « Les gens que vous tuez se portent assez bien » |
| Aparté | Réplique dite pour soi, que les autres personnages n'entendent pas. | « Que lui va-t-il conter ? » |
| Stichomythie | Échange de répliques très brèves. | les « Tais-toi » du valet et du maître |
| Didascalie | Indication scénique de l'auteur. | « le tirant par la basque » |
| Quiproquo | Malentendu : on prend une personne ou une chose pour une autre. | Clarice prise pour Lucrèce (I, 4) |
| Ironie dramatique | Le spectateur en sait plus qu'un personnage. | on sait que Dorante ment, Clarice non |
Piège fréquentAllitération = consonnes. Assonance = voyelles. Ne pas écrire « allitération… = assonance ».
V. Les mouvements littéraires
Il faut connaître pour chacun : le siècle, la définition, deux idées, deux thèmes et les auteurs. Un mouvement naît souvent en réaction contre le précédent.
Pour retenir l'ordrePierre | Boit Café | Lentement | Rêvant, Pensif, Riant, Nonchalant, Souriant | Sans Aucun Nuage
Un groupe = un siècle, du XVIᵉ au XXᵉ : 1 – 2 – 1 – 5 – 3 mouvements.
| Mouvement | Siècle | Définition | Idées, principes | Thèmes | Auteurs |
|---|
| La Pléiade | XVIᵉ | Groupe de sept poètes, nommé d'après une constellation de sept étoiles. | Créer une grande poésie en français qui rivalise avec la poésie grecque et latine. | Le lyrisme, l'amour, la mythologie | Du Bellay, Ronsard |
| Le Baroque | XVIIᵉ | Conception artistique née à la fin du XVIᵉ siècle. Barroco signifie « perle irrégulière » en portugais. | Goût pour l'éphémère, le désordre, le chaos, le pittoresque. | L'instabilité, l'apparence, l'illusion, le mouvement | Corneille (comédies), Cyrano de Bergerac |
| Le Classicisme | XVIIᵉ | Idéal esthétique et humain de la seconde moitié du XVIIᵉ siècle. | Imiter les Anciens tout en créant des œuvres personnelles ; analyser l'homme ; plaire. | Le beau, l'homme éternel, les passions | Molière, Racine, La Fontaine |
| Les Lumières | XVIIIᵉ | Mouvement d'idées qui prend son ampleur avec l'Encyclopédie. | Développer les connaissances, vulgariser, raisonner, esprit d'examen, sciences. | La critique des préjugés, la tolérance, le bonheur, contre le surnaturel et le religieux | Voltaire, Diderot, Montesquieu |
| Le Romantisme | XIXᵉ | Mouvement en rupture avec les règles classiques. | La sensibilité, l'aspiration vers l'infini, la mélancolie, la valorisation de l'individu. | Le sentiment amoureux, le moi souffrant, la nature | Hugo, Musset |
| Le Parnasse | XIXᵉ | Réaction contre le Romantisme : « l'art pour l'art ». | Refus des épanchements romantiques ; une poésie aux lignes pures et parfaites ; la seule raison d'être de l'œuvre est la beauté. | La nature comme peinture, l'Antiquité, l'archéologie | Théophile Gautier, Heredia |
| Le Réalisme | XIXᵉ | Réaction contre l'idéalisme et le lyrisme romantiques. | Reproduire la réalité ; l'écrivain observe comme un scientifique (philosophie positiviste). | Les mœurs d'une époque, l'ascension sociale, la misère, l'influence du milieu | Stendhal, Balzac, Flaubert |
| Le Naturalisme | XIXᵉ | Renforce le Réalisme sous l'influence de la science et de la médecine. | Le roman comme expérience ; le rôle du social et de la biologie (hérédité) sur l'individu. | Le monde du travail, la révolution industrielle, la misère | Zola, Maupassant |
| Le Symbolisme | XIXᵉ | École poétique qui prolonge Baudelaire et réagit contre le Naturalisme. | Suggérer au lieu de décrire ; importance des sensations ; la poésie donne accès à un monde caché. | Le rêve, le mystère, les mythes et légendes | Verlaine, Rimbaud |
| Le Surréalisme | XXᵉ | Mouvement artistique né après la Première Guerre mondiale. | Explorer l'inconscient ; rôle du hasard ; l'art comme outil de révolution ; rejet du rationalisme. | L'amour fou, la femme, la révolte, le rêve | Breton, Éluard, Aragon |
| L'Absurde | XXᵉ | Notion philosophique issue de l'existentialisme. | L'expérience de l'absurdité de la condition humaine ; au théâtre, rupture avec la tradition. | La solitude de l'homme, le silence du monde, l'attente | Sartre, Camus |
| Le Nouveau Roman | XXᵉ | Refus du roman traditionnel, au milieu du XXᵉ siècle. | Refus du roman psychologique et du personnage ; « l'aventure d'une écriture » ; absence d'intrigue ; récit discontinu. | Les objets, le regard, l'écriture elle-même | Claude Simon, Michel Butor |
VI. Méthode : l'explication linéaire à l'oral
- Introduction : amorce, présentation de l'œuvre, situation de l'extrait, lecture expressive, problématique, annonce des mouvements.
- Explication : suivre le texte dans l'ordre. Pour chaque idée : citer, nommer le procédé, interpréter l'effet.
- Conclusion : réponse à la problématique, puis ouverture.
- Question de grammaire : elle porte sur une phrase de l'extrait (négation, interrogation, subordonnées…).
Erreur à éviterUn procédé seul ne rapporte rien : il faut toujours dire à quoi il sert dans le texte.